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Murmures

La « salle noire » est au dernier étage, tout au bout du couloir de droite, après les ateliers, à côté des toilettes. Si le badge ne l’ouvre pas, il faut redescendre au deuxième attraper la clé. Comme l’indique son nom, la pièce est entièrement peinte en noir.

 

Comme l’indique son nom, l’obscurité y règne et les volets ne semblent pas avoir été levées depuis un temps révolu. Seul élément blanc dans ce pays noir, l’écran. Grand écran, images qui brillent. L’assise est inconfortable, comme certains des films que nous regardons. Pas moyen de s’endormir sur les tabourets qu’on trouve empilés par dizaines dans un coin de la salle. Nous nous sommes retrouvés ici la première partie de l’année. C’était bien. Mais c’était bien aussi de troquer la 302 pour d’autres lieux de projection, de faire notre migration.

À la Cinémathèque, en haut de Tarentaise, une fois par trimestre. Et plus souvent à l’Aléatronome, aux anciens Beaux-Arts, qui ne s’appelait pas encore ainsi lorsque nous y avons vu nos premiers films et l’espace était toujours en chantier.

 

Pour arriver à l’Aléatronome, tu sors de la fac d’Arts Plastique par derrière et ensuite tu descends vers la place Albert Thomas. Une fois que tu y es, il faut remonter (eh, oui : c’est Saint Etienne…) en longeant le Musée d’Art et Industrie. En gardant ta droite lorsque tu croise une bifurcation. Une série de drôles figures géantes encastrées dans les portes des garages veillent sur ton chemin jusqu’à la grande porte du Manoir. Il faut sonner et ensuite aller tout droit. C’est là - entre les fauteuils et les canapés de récup, entre banquettes nouvellement fabriquées et un énorme tapis de sol - que nous nous vautrons deux fois par mois pour regarder des films sur grand écran. Celui-ci est un véritable grand écran, plus grand que le premier. C’est un régal. Derrière nous, le comptoir attend les discussions qui suivent la projection et huile la langue avec des verres de bières et de sirops. À notre gauche, la pénombre rosée tombe déjà sur le centre-ville de Saint Etienne et les grandes fenêtres de la salle ne nous privent pas de cet autre spectacle. On est bien là, on reviendra. Comment remercier pour cet accueil ? Il faut tenter de bidouiller un peu, faire du son : ils attendent une petite pièce radiophonique pour la séance d’écoute à la fin du mois… Il faut signer maintenant et nous ne sommes toujours pas totalement convaincu par le terme « ciné-club ».

« Collectif » nous plait bien, en revanche. Il faudra être à la hauteur, de ce « collectif Murmures ».

Jacopo, Carole, Ann, Christophe, Laure, Amédée,

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